Interview autour du thème la classe virtuelle

Extraits d’un interview
donné dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude

(Les dispositifs hybrides:
une nouvelle solution en matière de formation?
par  COLLOT Florelle
)

-  R1. « Je suis venu aussi avec l’idée de mettre en place une spécificité, qui était la formation à distance et que l’on appelle synchrone, c’est-à-dire, en temps réel, la classe virtuelle, on va dire, y a plusieurs noms. […] C’est ce qu’on appelle le e-learning synchrone, c’est de la formation synchrone. Ce n’est pas le e-learning traditionnel asynchrone qui est un package de formations qui est préparé en avance et pour lequel les participants déroulent la séquence à leur rythme ».

-  R2. « Et je voyais l’intérêt, pas pour toutes, mais sur certaines formations, suivant le formateur, et bien des formations qui vraiment amenaient de l’apprentissage, réellement. Je me disais,  »ça fonctionne » ».

-  R3. Je voulais un différenciateur possible, c’est celui-ci, c’est de vendre un autre mode pédagogique qui est la classe virtuelle. C’était pas gagné d’avance, c’était difficile, c’est difficile à vendre vous savez. Ça le reste encore un peu, y a un petit peu de changements des mentalités, mais ce n’est pas encore ça. La formation en France, c’est le présentiel, point à la ligne, voilà ».

-  R4. « Le e-learning commence à arriver dans les grosses entreprises effectivement pour des raisons de coûts et sur des types de formations qui ne sont pas stratégiques, ça a du sens, mais la classe virtuelle, c’est quelque chose qui n’est pas très rependue en fait ».

-  R6. « Un des intérêts, c’est le fait qu’une formation à distance se passe dans le temps, en fait. Quand vous faites une formation continue, vous vous inscrivez pour une formation, ça dure deux, trois, quatre jours, en général c’est à la suite. […] Une formation à distance, un équivalent de trois jours c’est un vingt-et-une heures et on va plutôt la réaliser sur deux mois. Et donc si vous voulez, au niveau de la mémorisation, on est sur la répétition de la formation, de connaissances et donc il y a un ancrage qui se fait dans le temps qui est assez intéressant ».

-  R7. « Ça c’est un des avantages de la formation à distance. C’est de pouvoir ne pas bombarder pendant toute une journée les stagiaires de nouvelles connaissances, donner les informations, des fois c’est assez lourd, et c’est de pratiquer finalement un petit temps pendant la semaine de travail de la personne, qui est un temps de la découverte, un petit temps d’apprentissage, comme si je participais à une réunion ».

-  R9. « Un des avantages et bien y a pas de déplacement. Des personnes suivent depuis leur lieu de travail ou depuis chez eux, quoi. Alors je sais pas si vous connaissez le DIF, le Droit Individuel à la Formation, effectivement, c’est hors temps de travail, donc la formation à distance, c’est l’idéal ».

-  R10. On utilise des outils proches d’animation de réunions à distance, c’est ce qu’on appelle la classe virtuelle, webconf, conférences web, ces outils là en fait. Outils spécifiques logiciels qui permettent de se connecter à plusieurs au travers d’internet ».

-  R11. « Réaliser des sessions comme si on était en présentiel, c’est quasiment équivalent. On utilise des outils de tableaux, on utilise Powerpoint, de la bureautique, on peut partager, on peut donner la main aux participants, on peut communiquer, on peut faire des exercices, etc. Donc on peut pratiquement faire la même chose. Ces outils là sont vraiment opérationnels. […] On a en parallèle le téléphone et on a l’outil internet de partage d’écran ».

-  R12. « Y a des sociétés qui ont développé des outils de réunions à distance, il y a déjà une bonne dizaine d’années et qui sont venus sur la formation ».

-  R14. « J’utilise toutes les techniques… Un formateur en classe virtuelle a une posture qui est légèrement différente du formateur en présentiel. Il faut ‘intéresser au type de personnalité. Il y a des formateurs en présentiel que je vois mal en classe virtuelle. Y a des formateurs qui ont besoin d’avoir le contact, d’avoir la présence, la relation. En classe virtuelle, ben faut gérer ça. Ça aussi ça s’apprend et on travaille la communication. Pour la communication, on va travailler principalement, non pas la communication visuelle qui est celle que l’on a en ce moment, mais la communication verbale et para-verbale. On travaille plus l’écoute, l’oreille que l’œil en fait ».

-  R15. « J’organise ma session de formation, en sachant qu’au lieu de faire mes deux jours d’affilés, je vais avoir mes quinze heures qui sont réparties sur deux mois ».

-  R16. « J’ai un découpage de mes objectifs pédagogiques qui se fait dans letemps ».

-  R18. « Je ne me suis pas contraint de mettre en parallèle, de synchroniser un objectif pédagogique avec une session.  …  je vais en profiter pour transformer ça en exercices, en réflexions, en inter-session. […] Et puis généralement, c’est mieux de faire une coupure parce qu’on y revient la fois d’après, le cerveau synchronise et fait appelle à sa mémoire, etc. et c’est assez intéressant ».

-  R19. « Par contre, il faut être extrêmement strict sur la durée. C’est une heure trente, c’est pas deux heures. C’est une sorte de code de conduite ».

- R20. « Au niveau pédagogique, ça nécessite peut-être un peu plus qu’en présentiel, en présentiel je ne suis pas obligé, de connaître qui est l’autre. Donc là, on va chercher un petit peu au travers d’un modèle de personnalité dans quelle grande case est cette personne. Ce qu’on veut c’est éviter qu’elle décroche […]. Il faut arriver à maintenir un certain niveau d’intérêt, un certain niveau de motivation et de participation de la personne ».

-  R21. « On a une interactivité qui est légèrement différente en classe virtuelle qu’en présentiel. Là vous êtes en train de me faire des signes  »d’accord », je vous regarde avec la tête, j’ai les yeux qui me répondent, etc. En classe virtuelle, je n’ai pas ça. Moi je ne fonctionne pas avec la webcam donc j’ai besoin d’avoir des informations qui me permettent d’avoir des compléments de validation, est-ce que la personne suit. Donc l’interactivité est légèrement différente, c’est-à-dire, le niveau de participation est légèrement plus élevé. […] etc.

-  R22. « On ne mesure pas l’indice de participation à travers le visage, mais à travers de l’échange, de l’interaction, c’est une grosse différence ».

- R24. « S’ils sont nombreux, à quinze personnes, on va diminuer l’interaction en fait. Ça dépend de l’objectif en fait ».

-  R26. « Le travail est différent puisque lorsqu’on est en présentiel on peut faire des exercices en face-à-face, on peut faire des choses drôles. C’est vrai qu’à distance, on ne  peut pas le faire. […] On est plus sur une intellectualisation du travail, pour les sessions de formation, qui va s’appliquer en inter-session… ».

-  R27.  … Les changements, parce que là, on est sur du développement personnel, et effectivement, on voit qu’il y a un impact, enfin, moi je ressens un impact qui est plus élevé qu’une formation en présentiel traditionnelle ».

-  R28. « Par contre, c’est pour les petits groupes, c’est toujours pareil. Quinze personnes en développement personnel c’est sûr qu’en face-à-face se sera plus efficace, j’vais pas revenir dessus. Malgré tout, […] on peut tout faire à distance ».

-  R29. (25 :25) « Je suis bien dans la classe virtuelle, c’est-à-dire, la formation à distance, en temps réel avec formateur. Lorsque l’on est dans le e-learning traditionnel, donc maintenant, ça a un peu évolué, mais dans le e-learning traditionnel, c’est un module packagé, euh, qui est designé auparavant, conçu auparavant et qui est mis en ligne et pour lequel, donc bien sûr, les participants peuvent avoir accès quand ils veulent, à leur rythme, de façon individuelle. […] Y a plus d’interactivité. Aujourd’hui, on rajoute une petite interactivité avec des modules de e-learning plus tutorés. Donc y a un tutorat, c’est-à-dire, il y a un accompagnement de la personne, pendant la session de formation, pour répondre à des questions,  pour des exercices qui sont corrigés en ligne par le tuteur, mais on est plutôt en majeure partie sur du tutorat asynchrone ».

-  R30. « Qui dit formation, dit apprentissage. Donc c’est vrai qu’il y a des modules e-learning maintenant où on a de l’apprentissage mais il faut une bonne motivation, une responsabilisation de la personne ».

-  R31. « Moi, j’en ai suivi  pas mal [des formations e-learning en tant que participant]. C’est un peu lourd, il faut être motivé ».

-  R32. « Mais c’est vrai que dans une entreprise qui a un objectif de formation dans un domaine donné, par exemple la sécurité, ça permet « d’arroser » tous les collaborateurs de l’entreprise avec un module. On sait que derrière les enjeux ne sont pas phénoménaux et puis on essaie de responsabiliser les gens pour qu’ils retiennent les fondamentaux ».

-  R36. « Je trouve de l’intérêt dans ce que je fais parce qu’aussi c’est moi qui fait la formation. Parce que j’ai ce rôle de formateur, parce que je trouve ça… y a un challenge de former à distance et, euh, euh… c’est ce qui m’intéresse, dans le job aussi, ça fait partie aussi de mon centre d’intérêt. C’est pas seulement vendre la formation, c’est la réaliser ».

-  R37. « En e-learning, je trouve que bon OK très bien, j’entends bien que ça peut marcher que ça revient moins cher, c’est pratique, etc. ».

-  R38. « Y a le formateur qui va donner son scénario pédagogique et après c’est repris par des concepteurs, des designers. Donc on sort complètement du cadre de la formation. Et puis y a plus d’interactivité et si tu perds l’interactivité, tu perds le participant, c’est que je recherche en tant que formateur. Justement, l’individualisation, je peux essayer de tenter de l’avoir, en classe virtuelle ou en présentiel bien sûr, que je n’aurai jamais en elearning».

-  R39. « Quand on est en formation, on a besoin de l’humain ».

-  R40. « Parce que la formation, y a qu’à aller sur internet au jour d’aujourd’hui. J’ai envie de me former, je vais sur internet, j’ai tout».

-  R41. « Ce qui m’intéresse, c’est effectivement le participant, il est là et on s’intéresse à sa progression pédagogique. Son apprentissage, son besoin, à sa problématique de transfert de ce besoin, de ses objectifs là sur son terrain professionnel. En quoi ça peut lui être utile, comment il peut l’utiliser, etc. ».

Collot Florelle page 124

-  R42. « Je me cale sur la problématique de la personne du moment, de ce qu’elle fait en ce moment, sur son projet quoi. Donc y a la formation qui se passe en parallèle et en plus on fait des apports directs par rapport à ce que vie la personne réellement sur son terrain professionnel. Donc le transfert est immédiat. Donc encore un avantage pour moi de la classe virtuelle ».

-  R45. « La difficulté, côté formateur, c’est effectivement faire rentrer dans un cycle de motivation, de curiosité les participants, c’est un peu le risque au départ ».

-  R46. « On s’aperçoit que l’outil informatique est quelque part associé à un jeu, découverte de jeu, et les personnes sont assez étonnées de vivre ce qu’elles vivent. Y a la mise en place du lien relationnel qui est très important qui se fait uniquement avec la voie ».

-  R47. « Le fait de ne pas voir la personne est un avantage […], y a surtout pas le fait de pouvoir juger, évaluer quelqu’un ».

-  R48. « En formation à distance, le fait de ne pas se voir, la mise en confiance se fait différemment. Donc voilà aussi une des raisons de pourquoi ça marche ».

-  R50. « Une des difficultés que l’on peut citer, c’est la première séance. La première séance, si la personne n’a pas un peu préparé, et si la personne n’y connait rien, effectivement on peut perdre facilement une heure ».

-  R53. « Moi je pense que le blended à de beaux jours devant lui. Ils parlent même d’extended-learning maintenant. […] Le fait d’avoir un parcours complet comme ça, je pense qu’effectivement ça peut être intéressant pour les participants. Je le vois bien sur des formations un peu lourdes, sur trois à six mois, je trouve que c’est bien. Comme on est tous différents, à un moment donné, je vais toujours trouver un mode pédagogique qui va correspondre à ce que je veux, à ce qui me plaît. Et puis les endroits où je ne suis pas à l’aise et bien en pédagogie, c’est aussi bien que mon participant ne soit pas à l’aise parce que justement il va en dehors de sa zone de confort ».

-  R54. « D’autres outils sont possibles aussi. Moi j’utilise le wiki, ça peut être intéressant dans certains exercices. Les participants peuvent interagir sur un exercice au travers d’un espace commun qui leur est propre.

-  R55. … l’e-mail reste un outil en tant que tel que l’on utilise dans la formation au niveau des échanges. ..

-  R57. « Un cycle de formation en classe virtuelle est complètement différent bien sûr. Je parle de temps pendant les sessions, et effectivement, y a des temps qui sont bien précis quoi. […] C’est très saucissonné. […] C’est-à-dire qu’en présentiel je peux les vivre sans m’en rendre compte. Mais à distance il faut formaliser tout ça ».

- R58. Alors, moi par exemple, je me base sur des modèles de styles d’apprentissage. Le modèle de … , par exemple que j’utilise. Ils sont intéressants dans le sens où moi, formateur, je suis dans une case et faut que je sorte de cette case, parce que c’est la case qui me va bien, et faut que j’aille dans les autres cases parce que justement je sais qu’en face, des personnes y seront ».

-  R59. « Donc le fait de faire des modules pédagogiques qui changent de cases, ont sait qu’à un moment donné on va arriver en cohérence, en synchronisation avec les participants. […] Je vais essayer de construire, je vais transformer ma séquence pédagogique en fonction du style d’apprentissage. Donc je vais passer d’un modèle inductif à déductif pour la même séquence. […] Mais là on est vraiment dans la formation avec le formateur, on est pas dans du e-learning, c’est impossible ça ».

-  R60. « C’est-à-dire que pour un objectif donné je vais faire plusieurs séquences possibles, mais l’apprenant il sait même pas quelle séquence lui convient. […] En formation à distance, le formateur s’interroge là-dessus ».

-  R62. (67:50) « Par rapport aux formations que je réalise, alors c’est vrai, cette

construction dans le temps, on crée un lien qui est complètement différent avec la personne et vous représentez une voix. Et la voix peut donner des conseils, la personne, non [rires] ».

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